Fiction
Kilomètre 7, roman, Luce Wilquin, 2006
J'ai mis en Hel et en Kaeso une bonne part de mon idéal humain. Ce sont deux êtres remarquablement doués pour le bonheur mais la vie ne l'entend pas ainsi. Et tous les systèmes, le pays, la famille, la religion, la politique, l'argent, se retournent sur eux comme des pièges.
Dans ce pays d'Orient qui a peut-être vu l'invention de l'écriture, une superpuissance occidentale mène, au nom du droit des peuples, une guerre d'occupation aux accents cyniquement économiques.
Kaeso est un soldat de l'armée étrangère, Hel est l'épouse d'un homme d'affaires du pays occupé. Tout les sépare et pourtant...
Une découverte archéologique extraordinaire fera d'eux les héritiers des anciennes dynasties. La rencontre d'un mystérieux Envoyé va bouleverser leurs vies. Mais Hel et Kaeso sont aussi de leur époque, dans le quotidien de leur tragédie personnelle. Dans un univers où les dogmes religieux et politiques font rage, par la grâce d'Écritures millénaires et actuelles, ils opposent une protestation éternelle à la folie meurtrière de la guerre et du pouvoir.
C'est un roman court mais pas facile, j'ai mis quatorze ans à l'écrire. Il a un côté polyphonique. Les personnages de ce roman me hantent depuis 1986
Si je ne veux pas mourir, je ne pourrai pas vivre à moitié. Il va falloir repartir, je le sens confusément, comme si je cherchais à revoir la lueur au bout du tunnel, au sommet de la tour. Sortir du labyrinthe. Quel choc, quelle onde, quelle lame de fond ! Ne pas sombrer. Mais comment repartir ? Recommencer comme avant ? C'est impossible, impossible de reprendre la posture, l'imposture. Te voilà à ton tour sur le chantier, Romain. Je te vois monter dans le noir, hésiter, tantôt tirer parti du terrain, tantôt t'en remettre au hasard ou à la paresse. Je suis curieuse de voir comment tu vas en sortir. Curieuse, et tremblante. Et c'est cette page, la fin du livre à écrire, qui m'épouvante...
Qui écrit ? Qui existe ? Qui aime ? Qui souffre ? Romain, objet de tous les désirs de la narratrice, a bien assez de sa propre existence, de ses tristes certitudes et de ses doutes émerveillés, de sa rencontre avec Victoire, la lucide, ou Kate, l'énigmatique. Mais on n'échappe pas à l'auteur de ses jours. Pas plus qu'on n'échappe à sa créature... Duo, parfois duel, d'une écriture aux frontières du réel, Le livre des deuils est un parcours initiatique de l'écriture et de la création, une école du plaisir et de la douleur, une polyphonie du désir.
En 1996, je me croyais nouvelliste et seulement nouvelliste. La publication du Vent syrien était la réalisation d'un rêve très cher. J'avais l'impression d'exposer des toiles impressionnistes. Je rêve à présent de donner une suite à chacune de ces vingt-quatre histoires. Peut-être le ferai-je un jour...
[épuisé]
" Vous croyez votre femme en voyage ", écrivait l'ami qui vous veut du bien. " Elle sera à l'Auberge de la Grande Boucle dans l'après-midi du 10...elle y a donné rendez-vous à M. Hugues Fortant, réceptionniste, avec qui elle entretient depuis quelques mois des relations privilégiées. Ce jeune homme est brun, de taille moyenne, et portera une cravate griffée Yves-Saint-Laurent, qu'elle vient de lui offrir ". Je laissais ainsi le choix au petit Fortant. Un peu de personnalité pouvait lui sauver la vie ; c'était lui qui, le matin même, nouerait ou non devant son miroir, avec complaisance, le fil de son destin.
Ces vingt-quatre brefs récits, tout en contrastes d'univers, de style, de ton, sont autant de microclimats. Ils ont en commun l'irruption de l'étrange dans le quoitidien, qui provoque le rêve, le bien-être ou le malaise.
À la police judiciaire, Jacques-Yves Lointain réalisait tous les jours son rêve : rencontrer des criminels et mesurer en quoi exactement ils sont différents des gens ordinaires - des rôles qui, selon lui, pouvaient être intervertis dans bien des cas sans qu'on s'en rendît compte...
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Nouvelles publiées séparément
" Le chat de Rudyard ", La Libre Belgique, 1er-2 octobre 1994
" Petite chanson d'exil ", in Des nouvelles de la ville, recueil collectif, Quorum, 1997
" La Nouville " et " Petite chanson d'exil ", in Jusqu'à preuve du contraire, Delperdange, rééd. 1998
" Opération Boîte Noire ", revue Harfang n°15, mars 1999
" Socrate aura un oeillet à la boutonnière " et " Un vin presque solide ", in Gabriel Ringlet (dir.), Une aventure universitaire, Racine, 2000
" Derrière moi ", Marginales n° 257, printemps 2005
" Douleur brouillard ", Marginales n° 259, automne 2005
" Moi, j'aime pas Mozart ", Marginales n°261, printemps 2006
" Saint-Antoine-du-Boulevard ", Français 2000, 2006
" Ma toute petite ", Le Ligueur, août 2006
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